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Trophées de l’automobile : La tentative de putsch de l’AIVAM

Jeudi 19 Decembre 2019 Par Laquotidienne

 

A chacun son heure de gloire. L’Association des importateurs de véhicules au Maroc voulait la sienne (AIVAM).

Elle l’a eue, mais certainement pas comme elle l’espérait.

Car, au lieu de se distinguer à travers des actes forts pouvant porter le secteur automobile vers le haut, elle est plutôt au centre d’une vive polémique.

Alors que partout dans le monde les Trophées de l’automobile sont le fait de structures privées, notamment des magazines automobiles qui désignent, entre autres, la Voiture de l’année, l’AIVAM a décidé, un beau matin de décembre 2019, de se muer en organisateur de ces trophées.

En tant qu’association regroupant des professionnels de l’automobile, on ne peut certes lui contester cette légitimité.

Sauf que les Trophées de l’automobile sont organisés, depuis plus d’une décennie maintenant, par le magazine Autonews.

Cette année d’ailleurs, la onzième édition de cet événement a été lancée et la Voiture de l’année 2020 sera dévoilée courant janvier prochain.

Comment interpréter alors la démarche de l’AIVAM ? S’agit-il d’une approche purement mercantile ?

S’agit-il d’une volonté de nuire à l’organisateur traditionnel de cet événement ? Ou y a-t-il des raisons inavouées ?

Nous allons tenter de répondre à ces interrogations point par point.

Approche mercantile : Si tant est que l’AIVAM veut organiser cette manifestation pour des raisons purement pécuniaires, il faudrait lui rappeler qu’elle reste une association et non une entreprise commerciale.

C’est vrai qu’une association a besoin d’un budget pour fonctionner : le Salon Auto Expo qu’elle organise lui offre, à ce titre, un matelas financier assez confortable.

L’AIVAM est plutôt attendue sur un registre autre que celui d’essayer de grappiller des sous à gauche et à droite : créer un environnement propice au développement du secteur, en favorisant une meilleure mobilité des personnes.

Et sur ce point, il y a énormément de choses à faire (clarification du processus d’homologation, prime à la casse pour les petits taxis et grands taxis, fonds de garantie pour l’acquisition d’automobiles neuves et d’occasion, fiscalité incitative pour les véhicules propres, digitalisation de certaines procédures comme l’immatriculation, le contrôle technique, l’homologation…).

Nuire à l’organisateur : Si tel est le cas, au mieux dirons-nous que cela participe de l’inélégance.

Car, il y a 11 ans, quand Autonews lançait les Trophées de l’automobile, et sans jamais avoir eu besoin du soutien financier de l’AIVAM, l’initiative était saluée par tous les professionnels du marché.

Parce que cette manifestation est une vitrine pour les importateurs, en ce qu’elle leur permet de mettre en orbite tous les véhicules neufs commercialisés sur le marché automobile marocain. Elle leur offre de la visibilité et, conséquemment, impacte positivement leur business.

Depuis 11 ans, cet événement accompagne donc modestement le secteur automobile.

Que l’AIVAM veuille, aujourd’hui, organiser une manifestation parallèle pour griller celle organisée par Autonews, cela s’apparente à une certaine forme d’ingratitude.

L’élégance aurait voulu, au contraire, qu’elle soutienne Autonews dans sa démarche, en l’accompagnant et le conseillant pour relever davantage la portée de cette manifestation, dans le cadre d’une démarche collaborative.

L’élégance aurait voulu que cette association n’essaie pas de torpiller une entreprise de presse qui a toujours milité pour que ce secteur aille de l’avant.

Enfin, l’élégance aurait voulu que l’AIVAM sache prendre de la hauteur pour s’investir dans la résolution des priorités du secteur, qui sont bien loin de l’organisation des Trophées de l’automobile.

Raisons inavouées : Là, nous donnons notre langue au chat. Si l’AIVAM nourrit une animosité quelconque envers les organisateurs des Trophées, qu’elle le dise alors clairement.

En tout cas, ce manque de discernement ne grandit pas l’AIVAM.

Et face à cette tentative d’OPA inamicale, voire même de putsch, Autonews se défendra bec et ongles.

Par tous les moyens légaux en sa possession. A bon entendeur…

 

D. W.

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